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L’Inutile réciprocité des visas avec les Etats-Unis – Les erreurs stratégiques fatales de Goïta, Traore et Tiani de l’Alliance des Etats du Sahel (AES)
Les pays de l’Alliance des Etats du Sahel pratiquent ce qu’on appelle en science politique, le « romantisme politique » car ce sont des idéalistes, motivés par des aspirations morales et nationalistes.
Ils croient en bonne foi qu’il suffit de bien mobiliser les forces vives du pays, et de crier fort que le pays est en danger, pour réussir toute révolution mal fiscelée.
Ce qu’ils ne savent pas c’est qu’en face d’eux, ils ont des pays qui pratiquent un autre modèle politique, qui prend de la « Realpolitik » basée sur le pragmatisme, la puissance et l’efficacité.
(…)
(…)
C’est le président des États-Unis, Dwight Eisenhower, qui a pris la décision de faire assassiner le premier ministre du Congo, Patrice Lumumba.
Lorsque je vois la légèreté par laquelle, les présidents de l’AES lancent des défis contre Washington, je me dis qu’ils n’apprennent vraiment pas du passé tragique de leurs prédécesseurs.
Stuart Reid écrit que le président américain a pris la décision de faire assassiner Lumumba, sur un simple doute qu’il ait des sympathies pour Moscou, alors que c’était faux.
Depuis que Donald Trump est là, de la Suisse au Japon en passant par l’Union Européenne, tout le monde se tait aux menaces du président américain, parce que c’est le seul hégémon du moment et par définition, tout hégémon détruit tous ceux qui ne respectent pas sa hiérarchie.
Tout le monde sait ce qui est arrivé au Japon. Pas les africains, qui continuent de croire naïvement que chacun dans ce monde est libre de construire sa prospérité et que les autres vont applaudir pour leur succès.
Cela se voit qu’aucun d’eux n’a lu Lenine pour comprendre que les pays qui sont aujourd’hui puissants n’ont aucun intérêt pour que les pays pauvres sortent de la dépendance aux matières premières. Et on n’en sort pas juste en se mettant à transformer soi-même ces matières premières et pour cause : on n’aurait jamais les capitaux nécessaires pour construire une chaine de production rentable sur le long terme pour remporter la guerre ouverte sur la compétitivité internationale.
C’est pour cela que tout le monde fait profile bas. Que ce soit la Russie ou la Chine, ils se comportent en toute confidentialité pour surprendre l’occident. On l’a vu avec la guerre en Ukraine. La Russie a tellement fait profil bas que personne ne s’attendait à la résilience de son économie depuis 4 ans.
Après 2015, elle a tout simplement compris qu’elle n’avait pas les moyens pour engager le bras de fer et a fait semblant d’être restée faible, avec un PIB proche de celui d’Espagne nous disait-on. La vérité est que même la Chine, n’engage jamais une guerre frontale, même commerciale contre les Etats-Unis. Ils ont surpris l’occident pour les véhicules électriques, sinon, on les aurait détruit avant.
Devant toutes ces stratégies de profil bas, les pays africains de l’AES semblent n’avoir rien compris et se mettent à des bras de fer inutiles.
Ils ne savent pas qu’entre 1960 et 1970, le Japon croyait naïvement qu’il était libre de construire sa prospérité. Il vantait un taux de croissance de 10 à 11%.
Source : https://www.jstor.org/stable/1818126
Si la Suisse a vite couru à Washington pour négocier les taux de douane et si la présidente de la Commission Européenne est allée sur un terrain de golf en Ecosse, pour retrouver le président américain et signer que l’Union Européenne accepte d’investir plus de 600 milliards de dollars aux Etats-Unis, ce n’était pas juste pour une peur des taux de douane, mais pour la force destructrice dont sont capables les Etats-Unis, lorsque vous décidez d’engager un bras de fer avec eux.
C’est ce qui expliqu’avec la liste d’exclusion de visa américain du 16 décembre 2025, il y avait les pays de tous les continents, mais il n’y a que les pays africains qui ont naïvement engagé le bras de fer avec Washington.
Prenons l’exemple du Laos qui figurait sur cette liste avec les pays africains. Alors que les pays de l’AES montrent les muscles pour contester les décisions américaines, avec des phrases idiotes sur la prétendue dignité africaine, avec l’argent des autres, au Laos, le gouvernement fait le choix inverse en demandant à sa population de respecter les décisions souveraines des Etats-Unis et surtout d’éviter de perdre l’argent du dossier en déposant une demande. C’est cela le comportement responsable d’un état qui éduque sa population à la discipline et au respect des lois des autres pays.
Ce qui m’a frappé dans la démarche du Laos, c’est le choix d’expliquer à sa population qu’ils ne sont pas les seuls pénalisés par Whashington, mais qu’ils font partie d’une liste de 19 pays. Le gouvernement invite sa population à faire profil bas et d’accepter les décisions américaines.
Le quotidien laotien The Star du 20 Décembre 2025 titre ainsi :
« LAOS – ÉTATS-UNIS : Washington suspend les visas pour les ressortissants laotiens à partir de 2026 «
(Les États-Unis suspendent les visas pour les citoyens laotiens)
VIENTIANE : Les États-Unis suspendront totalement la délivrance de visas aux citoyens laotiens titulaires de passeports ordinaires à partir du 1er janvier 2026, suite à un nouveau décret exécutif signé par le président américain Donald Trump.
Le ministère laotien des Affaires étrangères a ordonné aux citoyens laotiens de ne pas demander de visa, invoquant la nouvelle mesure américaine dans le cadre du décret présidentiel émis mardi (16 décembre 2025).
Le Laos fait partie des 19 pays désormais soumis à des restrictions complètes de visa, après avoir été auparavant soumis à des limites partielles.
Selon les nouvelles règles, les titulaires de passeports laotiens ordinaires ne pourront pas obtenir de visas américains pour quelque raison que ce soit. La suspension couvre les voyages pour le tourisme, les affaires, le travail, la formation et les études, ainsi que la participation à des stages, séminaires et programmes d’échange.
L’immigration familiale est également affectée, y compris les demandes des conjoints, fiancé(s), enfants adoptifs et autres proches.
Le ministère lao a déclaré dans un communiqué de presse que les États-Unis n’envisageraient pas la délivrance de visas dans ces catégories pendant la période de restriction. Il avertit les citoyens laotiens de ne pas soumettre de demandes de visa ni de payer les frais associés durant cette période, précisant que les demandeurs seront exposés à un risque élevé de refus et pourraient perdre des frais de visa sans obtenir de visa.
Les citoyens laotiens titulaires de passeports diplomatiques et officiels sont exemptés de cette interdiction et peuvent toujours voyager aux États-Unis au cas par cas. Ces déplacements incluent des fonctions diplomatiques, la participation à des conférences internationales et d’autres affaires officielles, sous réserve de l’approbation du pays hôte.
Source : https://www.thestar.com.my/aseanplus/aseanplus-news/2025/12/20/us-suspends-visas-for-lao-citizens
D’autres médias dans ce cas, Thailandais, ont donné la nouvelle mais à partir du communiqué des autorités laotiens, invitant leurs citoyens au respect des décisions américaines. C’est en tout cas, une méthode intelligente pour avoir des marges de manoeuvres lors des rencontres bilatérales secrètes pour tenter d’amener les américains à fléchir leur position. C’est ça qu’on appelle la diplomatie et cela ne se fait pas avec des communiqués enflammés sur les réseaux sociaux.
Le magazine Gavroche Hebdo du 18 décembre 2025 titre :
Source : https://www.gavroche-thailande.com/laos-etats-unis-washington-suspend-les-visas-pour-les-ressortissants-laotiens-a-partir-de-2026/
ET DU COTE DE L’AES ?
Il a une semaine, nous sommes le jour de noël, le 25 décembre 2025. L’Agence Nigérienne de presse (ANP) publie une dépêche avec ce titre :
« Le Niger interdit la délivrance de visas aux citoyens américains »
Son auteur, le journaliste nigérien, Abdourahamane Salifou écrit :
Niamey, 25 (ANP) -Le Niger, en guise de représailles, a interdit, cette semaine, toute délivrance de visa aux citoyens américains, indique une source diplomatique nigérienne. Cette décision intervient après que les États-Unis aient décidé de classer le Niger parmi les pays ne devant plus bénéficier du visa d’entrée sur leur sol. .
Ainsi, le Niger « interdit totalement et définitivement la délivrance de visas à tous les citoyens Américains et interdit indéfiniment l’entrée sur son territoire aux ressortissants des États-Unis » précise la source. Cette décision de l’État du Niger est fondée sur le principe de réciprocité, et s’inscrit dans une dynamique d’affirmation de la souveraineté nationale et traduit l’évolution de la politique diplomatique de Niamey, indique-t-on.
Source : https://anp.ne/le-niger-interdit-la-delivrance-de-visas-aux-citoyens-americains/
Diplomatie de réciprocité et affirmation souveraine du Niger: La souveraineté du Niger, sous la conduite éclairée du Général Abdourahmane Tiani, est une réalité tangible qui reflète la fermeté et la cohérence de la diplomatie nigérienne
(…)
Le Niger a toujours manifesté, à l’égard de l’ensemble de ses partenaires, sa volonté de coopération, dans le strict respect de sa souveraineté nationale.
Le Président Abdourahmane Tiani s’affirme comme un défenseur résolu de la souveraineté nationale sur tous les plans. Le Niger entend désormais s’imposer comme un État respectable et respecté sur la scène internationale. Comme il l’a lui-même souligné lors d’une interview, le Niger ne sera plus la tapette de personne.
Cette déclaration forte traduit clairement la trajectoire assumée par le pays, marquée par la fierté nationale, la dignité retrouvée, le patriotisme et un souverainisme assumé. Dans cette logique, le Niger a décidé d’imposer des restrictions aux citoyens américains sur son sol, conformément aux mesures prises par l’administration Trump à l’encontre des citoyens nigériens. (…)
Le Niger se réserve également le droit d’appliquer strictement le principe de réciprocité dans le traitement des citoyens américains présents sur son territoire.
Source : https://ouragan.info/2025/12/25/diplomatie-de-reciprocite-et-affirmation-souveraine-du-nigerla-souverainete-du-niger-sous-la-conduite-eclairee-du-general-abdourahmane-tiani-est-une-realite-tangible-qui-reflete-la-fermete-et-la-co/
Question : pourquoi donc ces 19 pays figurent sur la liste de restriction de visa par le gouvernement américain de Donald Trump ?
Réponse : pour répondre à cette question, faisons un tour à l’Ambassade des États-Unis au Burkina Faso pour lire ensemble un communiqué du 9 octobre 2025.
Source : https://www.bbc.com/afrique/articles/cm2zjpd06y6o
*
Voici la conséquence immédiate du communiqué cité plus haut :
L’Ambassade des États-Unis à Ouagadougou a temporairement suspendu tous les services réguliers de délivrance de visas (9 octobre 2025)
de Ouagadougou
L’Ambassade des États-Unis à Ouagadougou a temporairement suspendu tous les services réguliers de délivrance de visas à compter du 10 octobre 2025. Cette suspension concerne les visas immigrants et les visas non immigrants pour les touristes, les voyageurs d’affaires, les étudiants, les visiteurs dans le cadre de programmes d’échange et la plupart des autres catégories non immigrants. Les demandeurs de visa concernés ont été informés de l’annulation de leur rendez-vous.
Nous mettrons à jour notre site web lorsque la prise de rendez-vous reprendra et informerons les demandeurs dont les rendez-vous ont été annulés de la date à laquelle ils pourront prendre à nouveau rendez-vous.
Les demandes de visas diplomatiques et officiels A-1, A-2, G-1, G-2, G-3, G-4, C-2 et C-3 continueront d’être traitées. L’Ambassade des États-Unis à Lomé a été désignée pour assurer les services de visa pour les résidents du Burkina Faso. Consultez le site U.S. Visa News pour plus d’informations.
Source : https://bf.usembassy.gov/fr/lambassade-des-etats-unis-a-ouagadougou-a-temporairement-suspendu-tous-les-services-reguliers-de-delivrance-de-visas-9-octobre-2025/
L’Ambassade des Etats-Unis prend la peine de justifier la décision qui allait tomber deux mois plus tard en disant que :
« Le Burkina Faso présente un taux élevé de dépassement de la durée de séjour autorisée pour les touristes, les voyageurs d’affaires et les étudiants se rendant aux États-Unis ».
QUE REPONDENT LES PAYS DE L’AES ?
« Délivrance de visas : Le Faso et le Mali comptent appliquer la réciprocité aux USA »
Bamako (© 2025 Afriquinfos)- Dans l’affirmation de leur souveraineté, les pays de l’AES ne se laisseront marcher sur les pieds par aucun pays, aussi puissant soit-il. Quelques semaines après l’exigence par les États-Unis aux ressortissants maliens de verser une caution de 5 000 ou 10 000 dollars USD pour obtenir un visa américain, Bamako a répliqué en imposant les mêmes mesures aux citoyens américains souhaitant se rendre au Mali.
Le Burkina Faso qui pour sa part, a vu toutes les opérations de visa courantes à l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou suspendues et délocalisées à Lomé (Togo), dit avoir pris acte de la décision étasunienne et n’exclut pas d’appliquer la réciprocité.
Bamako n’a pas attendu bien longtemps avant de réagir aux nouvelles exigences des États-Unis pour l’obtention de visa pour rentrer dans le pays de l’Oncle Sam. Depuis quelques jours en effet, Washington demande aux ressortissants maliens éligibles à un visa d’affaires ou de tourisme de type B-1/B-2 de verser une caution de 5 000 ou 10 000 dollars américains pour l’obtention dudit visa. Soit l’équivalent de 2,8 à 5,6 millions de francs CFA.
En réaction à cette décision, le ministère malien des Affaires étrangères qui dit « déplorer une décision unilatérale », annonce la mise en place d’un « programme de visa identique » pour les ressortissants américains.
Source : https://afriquinfos.com/delivrance-de-visas-le-faso-et-le-mali-comptent-appliquer-la-reciprocite-aux-usa/
Et hier mercredi le 31 décembre 2025, la dépêche de l’Agence France Presse (AFP) tombe avec ces mots :
« Le Mali et le Burkina Faso interdisent l’entrée aux Américains sur leur territoire en réponse aux restrictions de Trump »
Les Américains ne pourront plus entrer au Burkina Faso et au Mali : ces deux pays sahéliens ont annoncé répliquer par « réciprocité » aux mesures de Washington qui les a récemment placés sur une liste de nations dont les ressortissants sont interdits de visas pour les États-Unis.
Source : https://www.leparisien.fr/international/le-mali-et-le-burkina-faso-interdisent-lentree-aux-americains-sur-leur-territoire-en-reponse-aux-restrictions-de-trump-31-12-2025-S75OVHKN4JGXFMLX5X74V2IGZQ.php
CE QUE JE CROIS
En décembre 2025, Washington a élargi La liste de pays dont les ressortissants ne peuvent plus obtenir de visas, incluant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. En réponse, ces pays ont interdit l’entrée des citoyens américains, invoquant la réciprocité diplomatique.
Ces trois pays se trompent lourdement, parce que la réciprocité existe entre deux pays de même taille, de même puissance et de même importance.
Dans ce cas, la réciprocité n’est pas équilibrée, car ce qui coûte peu aux États-Unis dans leur relation avec l’AES, peut coûter beaucoup au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Leur geste symbolique peut plaire à leurs adeptes, qui y voit une manifestation de bravoure et de dignité, mais c’est un geste stupide, sur le plan stratégique.
Il suffit d’examiner la qualité des citoyens américains qui demandent les visas pour se rendre dans ces pays africains pour s’en rendre compte, car il s’agit avant tout, des cadres travaillant au service des ONG lourdement financées auparavant par l’USAID, au bénéfice des populations de ces pays.
Nous pouvons contester l’utilité de ces aides pour les pays africains, mais ça c’est un autre débat.
En annulant les visas, ces ONG américaines vont tout naturellement réduire leurs activités dans ces pays africains de l’AES. Et au final, ce n’est pas une perte pour les Etats-Unis, mais pour les bénéficiaires africains.
Si le Laos s’est précipité pour rassurer ses populations et rappeler la solidité des relations avec les Etats-Unis, c’est parce qu’ils savent que sur le plan sécuritaire, ce n’est pas malin de se fâcher avec trois pays du Conseil de Sécurité des Nations Unies, comme c’est le cas avec le Niger qui a ouvert trois fronts, avec la France, la Chine et les Etats-Unis. Parce que sur le plan sécuritaire, la difficulté des pays du Sahel réside aussi sur le fait qu’ils n’ont pas en face d’eux, des armées régulières, mais des insurgés qui ont la capacité de se transformer et se mélanger à la population.
Dans ces conditions, il fallait mettre comme priorité des pays du Sahel, la coopération sécuritaire avec tous les pays et dans ces conditions, couper les liens avec trois membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies signifie affaiblir sa propre lutte contre le terrorisme et contre les groupes armées.
Dans son discours de fin d’année hier soir du 31 décembre 2025, le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré s’est félicité d’avoir facilement levé les fonds des épargnants de l’Afrique de l’Ouest.
Ce qu’il oublie est que les épargnants et les investisseurs font confiance d’investir ou de placer leur argent dans un pays qui leur suscite de la confiance. Et le fait d’interdire de visa les citoyens américains, le pays qui est le siège du principal bailleur de fonds aux pays africains, le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale accentue la marginalisation de ces pays sur la scène internationale.
Et cette marginalisation créera une rigidité des relations, ce qui rendra forcément les conditions des prêteurs plus draconiennes lors des prochaines négociations pour de nouveaux emprunts ou pour le rééchelonnement des traites arrivées à échéances.
C’est bien de rechercher sa fierté d’africain dans les rapports de force avec plus forts que nous, mais il ne faut pas oublier qu’à ce jeu-là, nous n’avons pas une chance sur un million de remporter la partie. Aucun pays de l’AES n’est vital pour les Etats-Unis. On ne peut pas dire la même chose pour l’importance des Etats-Unis pour ces pays, ne serait-ce que pour le seul fait d’avoir le visa pour aller parler au mois de septembre à l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Les Etats-Unis ont créé trois institutions incontournables pour les pays africains : L’ONU, la Banque Mondiale et le FMI où ils sont très influents.
La charte des Nations Unis repose sur l’accès universel de ses pays membres à ses instances, notamment à New-York, comme à Genève. Il est donc en théorie impossible de remettre en cause ce principe en refusant des visas aux dirigeants des pays membres de l’ONU.
Et pourtant, pour des raisons de sécurité et de la paix, les États-Unis ont fait le choix de mettre en action une manœuvre politique pour limiter la visibilité palestinienne, avec la crise encore en cours entre la Palestine et Israel.
En effet, il y a trois mois, en août–septembre 2025, Washington a refusé d’accorder des visas à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ainsi qu’à environ 80 responsables palestiniens de l’OLP et de l’Autorité palestinienne, les empêchant de participer à l’Assemblée générale des Nations unies à New York du mois de septembre 2025 dernier.
Dans un communiqué du mois d’août 2025, le département d’État américain (nom donné au ministère américain des affaires étrangères) on peut lire ceci :
« Le secrétaire d’État Marco Rubio révoque et refuse l’octroi de visas pour les membres de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne avant la prochaine Assemblée générale des Nations unies. (…)
Source : https://www.leparisien.fr/international/les-etats-unis-refusent-loctroi-de-visas-a-lautorite-palestinienne-avant-lassemblee-generale-de-lonu-30-08-2025-U56H7LCV3BE6LJYHGXZIXUW7GQ.php?utm_source=copilot.com
QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
On n’engage pas de bras de fer avec des pays plus puissants.
Il y a une contre-vérité apparue à la conclusion du discours du capitaine Ibrahim Traoré hier soir du 31 décembre 2025 lorsqu’il dit dans sa partie conclusive ceci :
« A tous les Burkinabe qui combattent l’impérialisme à travers la communication, je les félicite, parce que toutes les guerres de l’impérialisme commencent par la communication. »
La communication, lorsqu’on est faible est la chose qu’il faut surtout éviter. La discrétion est de loin plus payante que de jouer aux influenceurs qui au final, permettent à tous vos ennemis de savoir tout ce que vous faites, alors que vous ne savez rien de leurs stratégies pour vous combattre.
L’Afrique doit arrêter de fanfaronner pour tirer les leçons de l’histoire des stratégies de « camouflage » économiques et militaires des Nations.
La tromperie en intelligence économique est temporaire qui sert surtout à gagner du temps pour se renforcer avant le moment où déclencher les hostilités.
Les autres pays finissent par découvrir la réalité : Ce qui entraîne souvent des tensions ou des guerres. Mais comme on a pris le temps pour se renforcer en cachette, on est prêt à cette confrontation. On a plusieurs exemples de camouflage économique et militaire dans l’histoire moderne.
CONCLUSION
Quand les pays de l’AES sont en permanence en guerre contre des insurgés, la France qu’ils clament fort de détester sait qu’elle peut dormir tranquille, parce qu’un pays qui a en jeu sa propre survie ne peut pas programmer des hostilités réfléchies contre plus puissant que lui.
L’Italie a été obligée d’abandonner la Corse à la France comme rançon, pour qu’elle arrête de soutenir militairement les factions rivales en Italie, qui empêchaient l’unité d’Italie.
C’est pour rappeler aux pays de l’AES que la France est coutumière de ce jeu de division là pour empêcher les souverainetés des autres de se concrétiser et ce ne sera pas avec les incantations que vous la découragerez de continuer de miser sur vos divisions internes. La priorité est donc interne, l’unité interne, avant de penser un jour ouvrir un front avec les pays puissants si vous le désirez.
Lorsque les européens déclenchent la deuxième guerre mondiale, dans tous leurs calculs, il n’y a pas de place pour les Etats-Unis, car pour éviter la foudre du Royaume Uni qu’ils avaient évincé comme hégémon mondial, les Etats-Unis avaient appris à se dissimuler, faire profile bas et ne jamais montrer aux autres qu’ils étaient devenus une puissance économique et militaire.
C’est pour cela qu’ils mettent beaucoup de temps avant de s’engager. Ils ne voulaient pas mettre en évidence leur vraie puissance.
Les États-Unis ont réussi leur camouflage parce qu’ils se présentaient comme isolationnistes et peu intéressés par les affaires mondiales. Après 1941, ils suprennent tout le monde en se présentant à la guerre comme la première puissance militaire et économique mondiale.
Entre 1920 et 1940, l’Union Soviétique dissimule sa vraie puissance
Pendant 20 ans, lorsque l’URSS fait des sacrifices pour devenir un pays industrialisé, elle cache pendant 20 ans, l’ampleur de ses projets industriels et militaires derrière une façade de pauvreté et de chaos post-révolutionnaire.
Les plans quinquennaux étaient présentés au monde comme modestes, sans envergure ni vision, alors qu’en réalité ils visaient une industrialisation massive.
Résultat des courses, lorsque Hitler déclare la guerre à l’Union Soviétique, il est convaincu qu’il a à faire à un pays pauvre sans industrie. Alors qu’entre temps, dans la discrétion la plus totale, l’URSS était devenue une superpuissance capable de rivaliser avec l’Allemagne nazie puis les États-Unis.
La Chine (après 1978, sous Deng Xiaoping)
Deng Xiaoping avait une maxime devenue célèbre en Chine : avec les puissants, il faut « cacher ses forces, attendre son heure » (韬光养晦).
Pendant 40 ans, la Chine a fait comme l’Union Soviétique avant elle : se présenter comme un pays en voie de développement, avec des populations rurales qu’ils ont prétendument du mal à nourrir. Le camouflage a tellement bien marché que jusqu’aujourd’hui, au Cameroun il y a des professeurs universitaires qui disent que le Cameroun a nourri la Chine, tellement elle devait être pauvre, répétant la propagande française résultant de ce camouflage.
Le résultat de ce camouflage est que les occidentaux sont arrivés en masse en Chine appélée par eux de façon péjorative, « l’usine du monde », pour investir leurs capitaux, ce qu’ils ne savaient pas étaient les ambitions de puissance de la Chine. S’ils l’avaient soupçonné une seule seconde, jamais et puis jamais, ils n’auraient investi le moindre centime de leurs capitaux en Chine.
La Chine a fait profil bas, n’a jamais répondu aux insultes. A mes yeux, la chose la plus incroyable est le fait qu’elle ai gobé que les Iphones soient fabriqués en Chine, sans jamais souffrir du mépris que subissaient les produits Made in China. L’occident avait prévu pour elle, la fabrication des jouets en plastic. Et elle a joué le jeu pendant 20 ans.
Et c’est cette passivité qui a convaincu tous les pays occidentaux qu’elle était un bon pays pour adhérer à l’OMC, puisque de toutes les façons, pendant 20 ans, on avait utilisé Hong-Kong pour la faire travailler presque gratuitement et elle n’a jamais protesté. Jusqu’au jour où ils ont commis l’erreur d’ouvrir les portes de l’OMC.
Il y a quelques jours, le 28 décembre 2025, l’hebdomadaire français Le Nouvel Obs titrait à sa une ceci :
« Entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 : l’erreur d’analyse des Occidentaux »
Sous-titre : Quand Pékin devient membre de l’Organisation mondiale du Commerce, Américain et Européens pensent que cela va profiter aux échanges de tous, et pousser le pays à se démocratiser.
Jean-Paul Pougala
Samedi le 3 Janvier 2026