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Burkina Faso : trois ministères changent de nom, un virage idéologique assumé

Le gouvernement burkinabè issu du dernier remaniement ministériel du 12 janvier marque davantage par le symbole que par le bouleversement des hommes. À l’exception notable de Roland Somda, ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, écarté après l’élimination prématurée des Étalons dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc, les principales figures de l’exécutif ont été reconduites.

Sous la conduite inchangée du Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo, la nouvelle équipe gouvernementale conserve ainsi une certaine stabilité politique. Mais derrière cette continuité apparente se cache une inflexion idéologique claire, portée par une réforme inhabituelle : le changement de dénomination de plusieurs ministères stratégiques.

Le ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants devient désormais le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique. Une appellation au ton martial, assumée et sans détour, qui traduit la centralité de la lutte sécuritaire dans la gouvernance actuelle, dans un contexte de guerre contre les groupes armés et de mobilisation nationale permanente.

Dans le même esprit, les ministères des Infrastructures et de l’Urbanisme sont fusionnés pour donner naissance au ministère de la Construction de la patrie. Un intitulé à forte charge symbolique, qui dépasse la simple gestion technique des routes et des villes pour s’inscrire dans une vision politique de refondation nationale.

Enfin, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale est rebaptisé ministère des Serviteurs du peuple, une appellation inédite qui rompt avec le langage administratif classique. Ce changement vise à redéfinir le rôle de l’État et de ses agents, désormais présentés comme des acteurs au service direct des citoyens, dans une logique de rupture avec les élites bureaucratiques traditionnelles.

Ces nouvelles dénominations, fortement inspirées d’un discours révolutionnaire et souverainiste, traduisent la volonté du pouvoir de rompre avec les codes hérités des régimes précédents. Elles participent d’une stratégie de communication politique destinée à renforcer l’adhésion populaire autour d’un projet de transformation radicale de l’État.

MAGNAWOE koudjo
MAGNAWOE koudjo

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