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Burkina Faso : Ibrahim Traoré veut réorienter les élèves vers les séries techniques

Ibrahim Traoré appelle à revoir l’orientation scolaire au Burkina Faso, face à la forte proportion d’élèves dans les séries littéraires et au faible effectif des filières techniques.

Au Burkina Faso, le président Ibrahim Traoré appelle à un changement de paradigme dans le système éducatif. Face à des jeunes élèves, le chef de l’État a notamment critiqué la forte proportion de candidats issus des séries littéraires au baccalauréat, tout en plaidant pour une meilleure orientation vers les formations professionnelles et techniques.

Lors de son intervention devant des jeunes élèves burkinabè, Ibrahim Traoré s’est appuyé sur les statistiques du baccalauréat pour illustrer ce qu’il considère comme un déséquilibre dans les choix d’orientation scolaire.

« J’ai regardé les statistiques du Bac 2. Sur les 65 000 élèves environ, plus de la moitié sont les littéraires, BAC A », a-t-il déclaré.

Le président burkinabè a également évoqué le faible nombre d’élèves inscrits dans certaines filières scientifiques et techniques. Il a notamment cité le Bac E, à dominante industrielle, qui, selon lui, ne comptait que 38 élèves.

Pour Ibrahim Traoré, ces chiffres doivent susciter une réflexion profonde sur l’orientation des jeunes et sur les besoins réels de l’économie burkinabè.

« Il faut changer de paradigme »

Face à cette situation, le chef de l’État burkinabè estime qu’une réorientation vers les formations professionnelles est nécessaire.

« Il faut changer de paradigme », a-t-il lancé, avant d’insister sur la nécessité de permettre aux titulaires du Bac A de poursuivre également des formations professionnalisantes à l’université.

L’objectif affiché est de rapprocher davantage la formation académique des réalités du marché de l’emploi et des besoins en compétences du pays.

Cette orientation vise notamment à favoriser l’acquisition de compétences directement utilisables dans les secteurs productifs, industriels et techniques.

« Nous sommes de grands théoriciens, mais en pratique, nous sommes nuls »

Dans son intervention, Ibrahim Traoré a également livré une appréciation particulièrement critique sur le rapport entre les connaissances théoriques et leur mise en pratique.

« Nous sommes de grands théoriciens, mais en pratique, nous sommes nuls », a-t-il affirmé, déclenchant un tonnerre d’applaudissements parmi les jeunes présents.

À travers cette déclaration, le président burkinabè entend mettre en avant la nécessité de développer davantage les compétences pratiques, le savoir-faire et la formation professionnelle.

Vers une nouvelle vision de la formation au Burkina Faso ?

Le débat soulevé par Ibrahim Traoré dépasse ainsi la seule question des séries littéraires. Il porte plus largement sur l’adéquation entre l’éducation, la formation professionnelle et les besoins de développement du Burkina Faso.

Dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leur autonomie économique et à développer leur industrie, la formation de techniciens, d’artisans qualifiés, d’ingénieurs et de professionnels capables de transformer les connaissances en solutions concrètes apparaît comme un enjeu majeur.

La sortie du président burkinabè relance donc la réflexion sur l’orientation scolaire : faut-il continuer à privilégier les filières générales ou renforcer davantage les filières techniques et professionnelles ?

MAGNAWOE koudjo
MAGNAWOE koudjo

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