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Dans une banque traditionnelle, le taux d’intérêt constitue un élément central de toute transaction financière. Il détermine aussi bien ce que les épargnants peuvent espérer gagner que ce que les emprunteurs devront rembourser en plus du capital prêté. Mais ce mécanisme, pilier de la finance moderne, disparaît totalement dans la banque islamique.
En effet, dans les institutions financières conformes à la charia, le paiement et la perception de l’intérêt — appelé riba — sont strictement interdits. Une règle qui bouleverse la logique économique habituelle, mais qui repose sur une philosophie profondément ancrée dans la loi islamique, laquelle régit de nombreux aspects de la vie sociale, économique et morale des musulmans.
Un système fondé sur le partage des risques
La finance islamique se distingue par une idée clé : l’argent ne doit ni être un simple produit de spéculation, ni générer du profit sans effort réel. Il doit servir à créer de la valeur et ne causer aucun préjudice. Ainsi, la relation entre la banque et le client prend la forme d’un partenariat dans lequel les risques et les bénéfices sont partagés.
Les produits financiers islamiques reposent alors sur des contrats spécifiques :
Mourabaha : la banque achète un bien demandé par le client et le lui revend avec une marge connue à l’avance ;
Moudaraba : un partenariat où l’investisseur apporte le capital et la banque gère le projet, les profits étant répartis selon un accord préalable ;
Mousharaka : un investissement conjoint où les deux parties contribuent au capital et se partagent les profits comme les pertes.
Ces mécanismes, bien qu’éloignés des prêts classiques, visent à assurer une stabilité financière tout en respectant les valeurs morales de l’islam.
Des investissements éthiques et encadrés
La charia impose également des restrictions sur les secteurs vers lesquels peuvent être orientés les fonds. Pour éviter tout préjudice moral ou social, les services financiers islamiques ne peuvent investir dans des industries jugées illicites : alcool, tabac, armes, pornographie ou jeux d’argent.
La Banque d’Angleterre — l’une des institutions occidentales qui se sont ouvertes ces dernières années à la finance islamique — rappelle d’ailleurs sur son site que ces exclusions ne sont pas optionnelles mais essentielles à l’éthique du système.
Une croissance mondiale, y compris hors du monde musulman
Portée par un marché en expansion et par l’intérêt croissant pour une finance plus éthique, la banque islamique s’est progressivement implantée au-delà des pays majoritairement musulmans. Royaume-Uni, Luxembourg, Afrique du Sud ou encore Singapour ont développé des cadres réglementaires adaptés pour accueillir ces services.
Selon plusieurs experts, cette dynamique s’explique autant par la proximité culturelle avec une partie de la clientèle que par l’image de stabilité portée par un modèle financier basé sur des actifs réels plutôt que sur la spéculation.