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Au lendemain de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin, un nom cristallise toutes les attentions : celui du lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté par les mutins comme l’un des principaux architectes de la fronde. Alors que les autorités tentent de rétablir le calme et de clarifier les faits, le profil de cet officier expérimenté suscite de nombreuses interrogations.
Issu de la filière artillerie, le lieutenant-colonel Tigri s’est forgé une réputation solide au sein des forces armées béninoises. Après plus de deux décennies de service, il a gravi les échelons jusqu’à occuper d’importants postes de commandement. Il a notamment dirigé le 3ᵉ Bataillon interarmes (3ᵉ BIA), une unité clé spécialisée dans les opérations de sécurisation et régulièrement déployée dans les zones vulnérables du nord du pays.
Reconnu pour sa discipline et sa connaissance du terrain, Tigri avait progressivement acquis une influence notable dans l’appareil militaire, notamment grâce à sa capacité à conduire des opérations complexes dans des contextes sécuritaires tendus.
À la tête du Groupement des forces spéciales
Avant la mutinerie, l’officier occupait un poste stratégique : la direction du Groupement des forces spéciales, une unité d’élite rattachée à la Garde nationale. Cette formation joue un rôle central dans la lutte contre les incursions de groupes jihadistes opérant près des frontières. Les soldats placés sous son commandement sont réputés pour leur niveau d’entraînement, leur mobilité et leur engagement sur les théâtres d’opérations les plus sensibles.
Cette position, combinée à son expertise opérationnelle, a contribué à renforcer son aura au sein de l’armée, mais aussi — selon plusieurs sources sécuritaires — à nourrir des tensions internes qui auraient pu favoriser la fronde.
Un nom mis en avant par les putschistes
Le 7 décembre au soir, son nom a été mentionné dans un message diffusé sur la télévision nationale par les militaires insurgés, qui l’ont désigné comme l’un des responsables de l’opération visant à renverser le président Patrice Talon. Pour les mutins, Tigri représentait une figure de légitimité militaire capable de fédérer les mécontents.
Pour l’heure, le gouvernement béninois n’a pas confirmé l’étendue exacte de son implication. Dans un bref communiqué, les autorités ont affirmé que la mutinerie a été menée par « un groupe estimé entre 100 et 200 militaires », conduits par le commandant des forces spéciales, sans donner davantage de détails sur les responsabilités personnelles du lieutenant-colonel.